Définition de l’art-thérapie

Art-thérapie et médiation artistique : différences

L’art-thérapie s’adresserait davantage à une personne en souffrance ouverte et se pratique de préférence en séance individuelle. Elle est profondément axée sur la relation entre la personne en soin et son thérapeute.

La médiation artistique se pratique davantage auprès de groupes en institution. Elle s’appuie sur une proposition artistique générale. Elle peut aussi être proposée en séance individuelle, là où la notion de « thérapie » n’a pas lieu d’être.

Les deux reposent sur une démarche quasi similaire.

De quoi s’agit-il ?

  • d’un voyage intérieur, basé sur de la création artistique accompagnée par une professionnelle de l’art et de l’accompagnement, en vue de mieux être, de transformation positive et d’élévation. Par le seul acte de sa réalisation, la production en train de se faire devient une médiation pour la personne qui fait le voyage, dans la façon dont elle se perçoit et perçoit le monde au plus profond de son intériorité.
  • d’une dynamique nouvelle soutenue par un processus de création, pour devenir artiste de sa vie par la voie imagée symbolique. « L’expression soulage, la création transforme ». La démarche repose en effet sur un double chemin parallèle :
    • celui du processus de création qui va aller d’une première forme qu’on appellera « l’expression», pour entrer petit à petit en création véritablement artistique.
    • celui de la personne qui avance durant ce processus
  • d’un détour par la fiction en réponse non forcément consciente à nos problématiques et/ou questionnements existentiels. A la différence d’une thérapie verbale qui cherchera davantage à faire remonter à notre connaissance des éléments du passé qui nous empêchent d’avancer, la proposition ici permet d’éviter une confrontation avec ces éléments douloureux, tout en les intégrant sans qu’on le sache forcément dans le travail de création. L’entrée en fiction par la création invite à oublier le « je », pour se laisser porter par les formes qui jaillissent de nos mains qui peu à peu nous ouvrent de nouveaux horizons. « Les images qui guérissent ne sont pas celles qui disent notre souffrance mais celles qui nous amènent ailleurs ». Gaston Bachelard.
  • d’un travail en profondeur qui prend nos zones d’ombre comme socles pour se positionner autrement vis à vis de notre souffrance ou de nos questionnements, et changer notre regard (sur eux). Il n’y est jamais question de lutter contre un symptôme ou une difficulté, mais de les intégrer dans le travail, en les contournant, pour peu à peu les transformer dans la création. Progressivement, avec le processus à l’oeuvre, l’évolution des productions va soutenir une forte évolution de la personne qui les a créées. Ces productions ou ces formes, vont petit à petit prendre le relais sur les difficultés vécues. Le travail se fait « mine de rien » de façon souterraine.
  • d’une entrée progressive dans le monde poétique qui nous permet d’amorcer un chemin totalement inédit vers nous mêmes pour Être à nouveau, Être davantage, et Devenir.

Cette démarche s’inscrit dans un projet artistique et sociétal qui renvoie l’être humain à son rôle de créateur, en étant non plus « agit par », mais « acteur de » ; elle n’est donc:

  • ni une discipline paramédicale ou médecine douce, mais une démarche singulière qui ne s’apparente à aucune autre forme de thérapie.
  • ni une psychothérapie à support artistique. Celle-ci se contente d’utiliser les productions du patient comme support à interprétation psychologique dans l’idée d’une prise de conscience. Notre démarche au contraire, fait confiance au processus de création, sans recherche du sens des oeuvres, pour nous permettre d’aller au-delà. Elle ne s’adresse pas à un « patient », ce qui renverrait au symptôme, mais à la personne dans son unicité.
  • ni un cours ou une école d’art, mais davantage un laboratoire de recherche et d’expérimentation.
  • ni la confirmation par une autre forme d’expression de ce que l’on connait déjà (de soi) et que l’on ne saurait exprimer autrement, mais la rencontre étonnante avec l’Autre de soi qui sommeille en nous, qui nous élève et nous met en contact avec notre transcendance.
  • et donc, ni forcément un travail de connaissance de soi, mais davantage de co-naissance dans l’idée d’une ouverture à ce qui advient.

A qui cela s’adresse-il?

A toute personne. Mais plus spécifiquement si elle est:

  • en souffrance, en difficulté ou en mal d’être,
  • désireuse de changer, d’améliorer sa qualité de vie ou de s’élever,
  • curieuse de découvrir un nouveau champ de possibles,
  • prête à se lancer dans une aventure étonnante et réjouissante,
  • sans connaissance ni pratique artistique préalables de préférence.

Comment cela fonctionne-t-il?

Des ateliers qui se tiennent selon un cadre précis. L’enjeu du travail est basé sur le cumul de 3 facteurs:

1/la création artistique qui repose elle-même sur deux éléments parallèles:

    • la mise en route d’un processus de création grâce à des consignes spécifiques données par l’art-thérapeute qui met en oeuvre son observation et son intuition pour proposer à la personne des thématiques à portée symbolique dont les enjeux peuvent s’avérer importants pour elle.
    • travail sur la forme de la production, (choix des matières et des couleurs, élaboration et progression de la forme elle-même), et sur le ressenti: invitation à développer la forme de sa production de plus en plus loin avec de nouvelles consignes, de manière que la création devienne plus complexe, éventuellement plus technique, plus aboutie; tout en laissant le temps à la personne de se mettre à l’écoute de son intériorité et de son ressenti face à ce qui a a jaillit de ses mains. C’est le dialogue qui s’installe entre l’écoute intérieure et la forme créée, qui fait avancer le processus de création.

2/ la relation entre les 2 protagonistes :

l’accompagné-e et l’accompagnante

Cette relation qui évolue aussi au fil du temps devient une co-création qui s’intègre dans le processus.

3/ régularité et persévérance dans la présence aux ateliers: le travail se fait pas à pas, le plus souvent dans la lenteur. Pour que les choses se mettent à bouger une réelle discipline est nécessaire.

Avec qui cela se fait-il ?

L’art-thérapeute et médiatrice artistique est une artiste professionnelle qui a elle-même expérimenté les enjeux de la création lors de sa propre art-thérapie et qui poursuit cette recherche dans son travail personnel. Elle a été formée à l’INECAT (Institut National d’Expression de Création d’Art et Thérapie) à Paris, dirigé par Jean-Pierre Klein, pionnier de l’art-thérapie en France.

Elle est garante du cadre de déroulement des séances.

Son rôle est celui d’un compagnon de voyage qui accompagne au plus près la personne dans son périple en lui proposant des outils pour avancer et contourner les pièges, tout en gardant une juste distance, pour laisser la personne trouver son propre chemin.

Elle se place à l’écoute de l’autre, dans une observation attentive, sans préjuger du déroulement de la cure, ni juger son travail. Elle encourage la complexité, éconduit toute forme « jolie » pour pousser vers davantage de profondeur. Elle s’efforce de se laisser porter par ce qu’elle découvre de la personne qu’elle accompagne durant l’atelier sans s’occuper de sa maladie ou de son symptôme pour laisser une chance de faire advenir le sublime.

Art-thérapie et médiation artistiques : petits concepts

Idée N°1 : Le voyage

L’art-thérapie est un voyage accompagné.

Le voyageur est la personne en demande de soin. L’accompagnant est l’art-thérapeute, professionnelle de l’art est de l’accompagnement.

ATHANOR, Art thérapie, Petits concepts

Idée N°2 : Le détour

L’art-thérapie utilise un processus de création artistique comme outil de travail sur soi, de façon détournée et non forcément consciente. On n’y parle pas de soi à la première personne (comme en thérapie classique), mais l’on entre subtilement dans un dialogue avec soi même au travers des formes produites au fil des séances.

ATHANOR, Art thérapie, Petits concepts

Idée n°3 : La symbolique

En art-thérapie, on travaille à se symboliser au travers des formes que l’on crée.

 

ATHANOR, Art thérapie, Petits concepts

Idée N°4 : Le mouvement

L’art-thérapie est un mouvement. Ce qui fait thérapie n’est pas l’art en tant que tel, mais le mouvement dans lequel on entre au travers d’un processus de création accompagné. Ce dernier devance notre propre mise en mouvement et rompt progressivement notre état d’immobilité, d’inertie, d’enfermement. Le champ qui s’ouvre alors nous conduit vers des contrées nouvelles dont la traversée sera une aventure source de surprises, de découvertes, et à terme de transformation.

ATHANOR, Photo de séance d'atelier d'art thérapie

Idée n°5 : Le cheminement

En art-thérapie, c’est surtout ce qui se joue dans le cheminement non linéaire d’un point vers un autre qui conduit à la transformation positive de la personne. Obstacles, tâtonnements, ratages: les difficultés que nous rencontrons en création et la manière dont nous les surmontons sous-tendent une nouvelle façon de cheminer vers nous-mêmes, plus dynamique et plus ouverte.

 

ATHANOR, Photo de séance d'atelier d'art thérapie

Idée N°6 : La forme

L’art-thérapie s’intéresse à la forme et moins au fond : elle ne prend pas la production réalisée en séance comme support à interprétation psychologique. Elle conduit au contraire à inviter la personne à aller le plus loin possible dans la forme de sa production, de manière à entrer progressivement dans une autre manière d’être au monde qui se distancie peu à peu de ce que l’on croyait être et connaitre (de soi).

ATHANOR, Art thérapie, Petits concepts

Idée n°7 : La profondeur

En art-thérapie on est amené-e à dépasser l’image « jolie », agréable à regarder ou trop proche d’un standard. L’un des ses enjeux, est de se rapprocher davantage de la profondeur, liée à la singularité la plus enfouie de chacun, de manière à se vivre comme un être unique qui s’ouvre à ses propres mystères.

 

ATHANOR, Art thérapie, Petits concepts

Idée N°8 : L’incarnation

La création accompagnée est notion d’incarnation : il s’agit de « donner corps à », « donner chair à », « donner forme à ». Elle est directement liée à la notion de transcendance en ce qu’elle nous conduit vers l’élévation de notre façon d’être au monde et de l’observer.

ATHANOR, Art thérapie, Petits concepts

Idée n°9 : La poésie

L’état poétique dans lequel on se met lorsque l’on crée, est une autre présence à soi même et au monde, plus fine, plus vigilante, qui ouvre vers de nouveaux possibles.

 

ATHANOR, Photo de séance d'atelier d'art thérapie

Idée N°10 : Transformation de la douleur

La création artistique est en lien avec la douleur, celle de l’humain, notre douleur intime, et celle face au monde. L’art-thérapie propose de se confronter à elle, non pas directement, mais via le prisme de la création par laquelle la personne sera amenée à transformer la forme de sa douleur, se transformant par là-même elle aussi.

ATHANOR, Art thérapie, Petits concepts

Idée n°11 : Le corps

Créer, c’est mobiliser la sensorialité du corps: sentir, ressentir au plus près de soi, se mouvoir, écouter, observer, faire résonner. C’est se mettre dans une vigilance accrue de sa présence dans l’espace, face à soi-même et aux autres.

 

ATHANOR, Art thérapie, Petits concepts

Idée N°12 : Le jeu

Créer c’est jouer: inventer son propre jeu avec ses règles propres. La création est une scène où chacun est à même de recréer le monde à son image.

ATHANOR, Art thérapie, Petits concepts

Idée n°13 : La radicalité

L’expérience artistique en art-thérapie est une expérience radicale qui nous maintien dans notre humanité et nous sauve de l’inhumanité. Elle nous permet de toucher du doigt ce qu’il y a de plus fragile et de plus sensible en nous, d’aller à la rencontre de nos zones d’ombre et leur donner forme.

 

ATHANOR, Photo de séance d'atelier d'art thérapie

Idée n°13 : Être

Être avant d’être bien.

Créer en art c’est peu à peu être et advenir à soi-même. La notion de bien-être s’efface devant ÊTRE davantage, être pleinement. Y atteindre, c’est comprendre peut-être que les désagréments de la vie peuvent devenir le sel qui fait émerger la splendeur que chacun de nous porte en soi.

 

ATHANOR, Art thérapie, Petits concepts