Démarches
Démarche artistique
Nicole Depagniat
Nicole Depagniat s’intéresse aux blessures, visibles et invisibles. Sa pratique provient d’un questionnement latent depuis l’enfance devant la souffrance humaine et d’une fascination restée intacte pour les bobos, petits et grands. En interrogeant blessures et fêlures à travers la matière, celles-ci lui deviennent plus fami-lières. Elle expérimente comment les vivre et les traverser autrement, en les transformant progressivement. Ainsi, les formes naissantes obtiennent peu à peu une existence propre, indépendante, créant un nouveau discours, se distançant de la blessure première.
L’attention portée à la temporalité durant son travail lui permet d’observer où se situe le point de ren-contre entre la blessure et son traitement: antériorité, concomitance, postériorité?
Pour elle, tout début de réponse se situe dans la matière elle-même et son mouvement qu’elle se doit donc d’explorer avec minutie: épaisseur, lourdeur, pli, trou, tache, fissure, relief, crête, etc…, qui se muent en signes non pas à déchiffrer mais à utiliser comme des énigmes métaphoriques dont la seule existence suffit pour avancer. Ce travail se distancie de l’expressionnisme en ce qu’il n’exprime pas dans le dolorisme ce qui était ou qui est, mais en ce qu’il s’ouvre avec étonnement à ce qui vient et se révèle, dans un esprit profondément optimiste.
Une art-thérapie suivie pendant 2 ans la convainc de la nécessité de l’expérience créatrice comme facteur de transformation, tant personnelle que sociétale. C’est pourquoi elle se forme ensuite à l’art-thérapie à l’INECAT de 2011 à 2013, et fonde la même année à Limoges, l’entreprise ATHANOR, consacrée à la médiation artistique et à l’art-thérapie, notions regroupées sous le terme « d’art de la sollicitude ». Elle est également formatrice en art-thérapie et en médiation artistique dans la relation d’aide.
Aujourd’hui, ses accompagnements font partie intégrante de son processus artistique comme oeuvre global, où la métaphore est interrogée par ce qu’elle a nommé « Pansement à l’Oeuvre ». Ce dernier constitue son sujet de recherche principal.
Les maîtres qui m’influencent et m’accompagnent
Anselm Kiefer, Goya, Caspar David Friedrich, Odilon Redon, Emil Nolde, Nicolas de Staël, Rothko, Pollock, Louise Bourgeois, Rebeyrolle, Miguel Barcélo, Pierre Soulages, Roland Devolder.
Et puis les musiques de JS Bach, Mozart, Schubert, Schumann, Brahms, Mahler, Debussy, Fauré, Schönberg, Berg, Bartok, Stravinski, Kurt Weill et d’autres que j’oublie.
Travailler auprès des personnes souffrantes est un enrichissement pour moi et m’ouvre les yeux sur mon rôle en tant qu’artiste.
Je ressens ma mission comme une mise en contact qui prend elle même forme avec l’inaccessible, l’insondable de notre humanité. Je crois fermement que c’est cet insondable qui fait notre richesse et qui constitue pour chacun le matériau de base pour sa propre recréation.
Je veux me mettre du côté des mutiques, des prostrés, des agités, des fêlés, des angoissés, des mélancoliques, des désespérés, des fous, car leurs language me parle même si je ne comprends pas, car ils sont mes guides, d’eux aussi vient la lumière qui éclaire mon propre chemin.
Mes thèmes d’inspiration à ce jour
- La symbolique de l’enracinement
- Renaître de ses cendres
- «Qui a-t-il derrière le visible»?/ la chair/ la matière
- L’ivresse de la création ou comment «construire son ivresse»? (expression de Christophe de Vareilles, artiste-peintre et art-thérapeute avec lequel j’ai cheminé lors de fabuleux ateliers).
- La vanité
- Le double, la dualité, la peur, la fêlure




